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6 juillet 2010 2 06 /07 /juillet /2010 00:12

Je me suis rendu compte récemment que j'ai une façon de penser un peu bizarre. J'ai un raisonnement que je qualifierais de finaliste. Je réfléchis à rebours en terme de buts avant de raisonner en terme de méthodes.

Mettons qu'on doive aller d'une étape A à une étape B, puis à une étape C, puis à une étape D, grâce à des processus a, b et c. Je ne sais pas vraiment comment raisonneraient la plupart des gens, mais j'ai l'impression que la plupart se penchent sur les processus a, puis b, puis c en essayant de se rapprocher du résultat. J'ai conclu ça du fait que beaucoup demandent comment faire, et non pas pour quoi faire.

En ce qui me concerne, je m'intéresse d'abord à A et à D, et ensuite je définis C, puis je définis B. Surtout, je cherche par où je peux passer pour avoir un meilleur résultat (1). Et comme je suis quelqu'un de contrariant (2), si je peux passer par autre chose que B et C, je vais le faire. Pour voir. Les process pour passer d'une étape à une autre sont en général assez évident si les étapes sont bien définies.


En gros, il faut venir me donner A et me dire qu'on a besoin de D. J'ai de gros problèmes de communication avec les gens qui viennent me dire qu'il faut faire a, puis b, puis c. Sauf respect : on s'en fout, on a besoin d'un résultat, c'est tout.

Quand quelqu'un me demande de procéder d'une manière clairement définie, au lieu de me demander un résultat, alors là, ça devient carrément ingérable pour moi (3). D'autant plus quand c'est associé à un manque total de confiance (autrement dit quand on me prend pour un con, mais, de ce que je sais, personne n'aime ça...).

En plus, j'ai un esprit sacrément mal foutu, qui met tout de suite le doigt sur les limites d'un système ou d'une méthode, sur les points sensibles, sur les pistes d'amélioration. Et ça m'empêche de me servir d'une méthode bancale (c'est un énorme défaut, ça me ralentit). Je ne parlerai même pas des gens qui proposent des modèles complètement pourris en disant qu'il faut les utiliser parce que c'est le système qualité qui l'impose. Là, j'ai envie de sauter par la fenêtre - et comme je ne peux pas (4), je me contente de rigoler.


Expliquer une démarche, une méthode (du genre une méthode de cuisine) me paraît trivial et complètement stérile. Je ne peux pas m'empêcher de m'apesantir sur des questions de finalités, et d'expliquer pourquoi on doit faire ceci ou cela (le comment n'étant qu'une question dénuée d'intérêt).

Conséquence : j'ai un problème de communication avec les gens qui raisonnent en terme de démarche, de méthode. Et j'arrive bien à enseigner les maths, parce que je n'explique pas des recettes de cuisine, mais j'explique le fond des choses (5). Mais au quotidien, comme je ne suis pas prof de maths (en tout cas ça fait longtemps que j'ai arrêté, mais je devrais peut-être m'y remettre), c'est compliqué.


(1) Meilleur, et rarement plus rapide... j'ai trop l'habitude de prendre mon temps.

(2) Chiant. Euh, qui a dit chiant ?

(3) Ce qu'un ami a moi a résumé de façon très juste en disant que si on délègue des responsabilités, il faut aussi laisser la marge de manoeuvre qui va avec.

(4) Je ne peux pas, parce que la fenêtre de mon bureau donne dans le patio. Ca ferait sacrément désordre au rez-de-chaussée.

(5) Dans le cas des maths, ça revient à expliquer leur beauté.

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Published by Christophe - dans Réflexions ordinaires
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