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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 20:24

J'entendais un homme aujourd'hui, un travailleur sans papiers, clandestin, immigré, ignoré par l'administration, méprisé par son employeur, j'entendais cet homme, donc, dire une chose formidable qui m'a profondément troublé, une parole si vraie qu'elle semble d'inspiration divine, j'entendais cet homme dire en toute simplicité que l'intelligence est ce qui nous permet de nous éloigner de la réalité.

On pourrait doctement disserter sur cette phrase, rétorquer que l'intelligence ne se limite pas à cela, arguer qu'il n'y a pas que l'intelligence qui nous éloigne de la réalité, mais que, par exemple, les sentiments - rationalisés ou non - y concourent également.

Mais est-ce que, au-delà de ça, ce n'est pas exactement là que se trouve la finalité de l'intelligence ? la cause formelle, au sens où l'entendait Aristote ?

Spontanément, on se dit que l'intelligence nous permet de comprendre le monde, d'appréhender l'univers, de contrôler notre environnement. On peut avoir cette approche mécaniste, positiviste, et penser qu'elle est le fruit de l'évolution, qu'elle n'est qu'un outil que l'évolution a mis en notre possession pour nous permettre de nous adapter à l'environnement (en l'adaptant, lui, à nous) et de survivre.

Je m'en tiens pour ma part au constat que l'intelligence, le mouvement de la pensée, quel qu'il soit, a pour conséquence première d'éloigner l'esprit de la matière. Toutes les constructions de l'esprit - la physique, les arts, la littérature, la physique, toutes les disciplines sur lequel le génie humain s'est posé - s'appuient sur la réalité pour mieux nous en éloigner.

A ce titre, les Mathématiques sont sans doute une des plus belles oeuvres jamais pensées, en ce sens qu'elles ne s'appuient pas sur la réalité, réalité qu'elles aident pourtant à comprendre, sans que se trouve là leur finalité. Elles aident au contraire l'esprit à dépasser le monde sensible pour le monde intelligible. A accéder aux monde des idées.

C'est là peut-être que se trouve la finalité vraie de l'intelligence humaine. Mais c'est une conception si clairement téléologique, tellement à contre-courant des pensées modernes, que je comprends qu'elle puisse ne pas plaire à tout le monde. Et pourtant... Que nul n'entre ici, s'il n'est Géomètre.

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5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 22:01

J'ai changé de machine il y a quelques mois. Forcément, j'ai fait monter un PC sur mesure, après avoir sélectionné avec soin une config. Vu qu'avec un PC je fais à peu près tout ce qu'il est possible de faire, du média à la programmation, en passant par la retouche photo et le jeu, je n'ai pas hésité sur les performances.

Et bien sûr, je suis passé à Seven. Pourquoi ? Parce que XP est en fin de vie (plus de mises à jour) et un peu trop light sur les problèmes de sécurité, parce que Vista est un produit manqué (beaucoup de bonnes idées, mais rien d'abouti et de fonctionnel), et parce que Linux, j'ai testé pendant six mois (Mandriva... et si vous cliquez sur ce lien, vous allez mourir. Dans d'atroces souffrances.). Et j'ai failli me pendre. Autant j'aime bidouiller une machine et éditer un fichier de config en mode root à la console, ça m'amuse, autant éditer dix fichiers de config et redémarrer 20 fois JUSTE pour ne PAS arriver à installer Java et pour ne PAS arriver à lancer une partie de poker sur internet, euhhh non franchement, quand on rentre du boulot, c'est un p'tit peu énervant.

Donc : Seven. Et en avant les histoires :)


 


Chapitre 1

Seven au quotidien

 

 

Pour commencer, je me suis rendu compte que le wifi sous Seven... ça ne marche pas. Déjà ma livebox a du mal, en plus elle est physiquement éloignée de ma machine... alors si Seven ne veut pas... non franchement ça va devenir pénible. Donc, de temps en temps, quand il a envie de se reposer peut-être, le wifi lag : je perds la connexion sans raison, et les thèmes graphiques disparaissent. Aéro c'est joli. Seven sans aéro et sans wifi, ça l'est moins.

Ensuite, impossible d'importer des fichiers vidéos de ma caméra. Ceci dit, ce n'est pas nouveau : déjà sous XP, ça ne marchait pas. Sous XP, j'arrivais à avoir 15 secondes d'image et de son. Sous Seven, j'arrive à avoir... une image. Et un fichier AVI de 500 Mo pour 10 secondes d'une image fixe. Ouais. Bon. Du coup, je passe par la télé et l'enregistreur DVD. Et autant pour la qualité !

Ensuite, j'ai redécouvert un truc merveilleux : bluescreen. Je croyais que ça avait disparu... un truc un peu comme la soupe de légumes faite maison : toute la nouvelle génération en a entendu parler, mais bon... pas grand monde l'a vue. Et bien non ! Merci microsoft, le bluescreen est de retour ! Donc la machine redémarre sans raison (enfin, si, des raisons, elle en a, cachées dans les obscurs chemins entre le processeur et la carte graphique, puisque c'est de là que vient le problème... je crois). Je croyais (naïvement) que le problème venait de firefox, donc je suis passé à chrome. Mais non, rien n'y fait ! (Et je me répète, c'était l'objet de mon post précédent...)

Je me suis aussi aperçu qu'il n'est pas possible d'enregistrer le son qui vient des hauts-parleurs. C'est le genre de tâche qui est aussi naturelle... je ne sais pas, que de faire un print screen. Et bien non ! Ma carte son ne veut pas, elle ne peut pas, ça n'a pas été prévu, c'est pas fait pour. Et pourquoi ? Pour empêcher les méchants pirates d'enregistrer des films diffusés en streaming ! Ca revient à peu près à interdire les couteaux dans toutes les cuisines, parce qu'un jour un méchant monsieur a tué un gentil monsieur avec un couteau. Et donc, pour les gens comme moi qui en ont besoin pour des usages normaux (ne me demandez pas quoi)... tant pis.


 


Chapitre 2

Seven et les jeux

 

Tout ceci exposé, j'en suis venu à ce qui était presque pire : avoir une ferrari (enfin, non, pas une ferrari, les ferrari c'est pas bien... disons plutôt une Lotus), avoir une Lotus, donc, et ne pas pouvoir rouler avec. Parce que à la base, j'ai aussi choisi la config de cette machine pour jouer.

Et ça, ça a été le pire, je me suis rendu compte pendant une partie de Batailles du Pacifique que mon clavier sans fil pouvait me lâcher. C'est assez stressant d'être debout sur une plage du pacifique et de se faire mitrailler sans pouvoir bouger. Même si c'est... un jeu. Bon, ce problème, au moins, j'ai réussi à le résoudre.

Je passe sur des lags graphiques incompréhensibles sur certains jeux pour en venir à l'objet de mon post. Les anciens jeux ne marchent plus sous Seven. Enfin, pour être plus clair : plus rien ne marche sous Seven. Comme j'ai l'habitude de m'acheter des jeux cultes à bas prix, et bien, j'en suis pour mon argent.

Je me suis retrouvé à rédiger des scripts DOS qui me permettent de désactiver les processus de Seven, de lancer Age Of Empires 2, et de relancer les processus à la fin du jeu. Pourquoi ? Pour ne pas avoir des petits paysans qui fondent leur cité sur de l'herbe... rouge ! Je sais que les champs de bataille sont rouge sang, mais faut pas pousser.

Et là, je me prépare à installer Farenheit... un jeu cultissime... et bien, non ! Seven a décidé qu'il était meilleur pour moi... de ne pas y jouer. Je vais donc devoir installer un éditeur de fichiers qui me permettra d'éditer le fichier de package MSI du jeu. Et ensuite, je vais être obligé d'installer un crack (plein de virus) pour un jeu que j'ai acheté ! Mais demain, parce que là, je suis fatigué. Et las.

Ou alors... je ne vais rien faire. Non. Je ne vais pas installer un crack bourré de virus. Et tant pis pour les jeux cultes. Je me suis acheté des bouquins, demain je vais visiter un château et une abbaye, et franchement, bah je vais pas me prendre la tête avec ça.

 

 

 


Chapitre 3

Et il se pendit


Enfin, non, pas vraiment. Je me suis déjà pendu avec Mandriva, je ne peux pas recommencer.

Moralité de cette histoire : achetez une machine next gen. Achetez Seven. Et surtout, achetez les derniers jeux à 75 €. Amen.

(Et dans la série : journée de geek de merde, ça continue : je suis obligé d'éditer le code HTML de cet article, parce que la police déconne à l'affichage, et ça m'énerve, parce que le code généré par l'éditeur est un code complètement pourri.)

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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 21:19

Si vous voyez sur cette page des horribles publicités un peu partout, sachez, Ô brebis égarée, que vous errez du mauvais côté du miroir. Il existe un autre monde, un autre internet, propre de toute agression visuelle (bon, à part quelques sites mal designés mais ceci relève de votre responsabilité personnelle - si vous voulez savoir pourquoi ces sites existent, c'est ici).

La première étape, c'est mettre de côté internet explorer (8, 9, béta, X, Y peu importe la version), et de télécharger, par exemple Firefox ou Chrome. J'ai abandonné Firefox en passant sous Seven 64 bits : la version 32 bits cause une instabilité du système (et des jolis crash avec des écrans bleus... ça me fait beaucoup de bien, ça me rappelle le jour où découvert un truc qui s'appelait ordinateur et qui tournait sous DOS). Je suis donc passé sous Chrome, rapide et ergonomique.

Comme je suis google-oriented (et il faudrait peut-être que je me remette en question sur ce point), Chrome me va bien. Et avec un beau thème gris inox brossé, il est sobre à merveille. Et rapide. Quant à leur politique de confidentialité, je laisse chacun se faire un avis.

Pour télécharger Chrome c'est ici et pour Firefox, c'est là. Ca s'installe tout seul, ça importe les favoris et les paramètres d'internet explorer, et il n'y a pas besoin de désinstaller IE (parce que des fois ça sert : j'étais heureux d'avoir IE pour aller télécharger Chrome le jour où Firefox a commencé à être intable !).

Ensuite, un clic suffit pour ajouter au navigateur l'extension (ou module, ou add-on) AdBlockPlus. Et pour ça, il suffit de cliquer ici pour Chrome et là pour Firefox. Et adieu à toutes les publicités sur internet (et aussi aux failles de sécurité d'IE).

(Au passage, vous pouvez aussi en profiter pour quitter hotmail/msn et vous inscrire sur gmail.)

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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 21:03

Tout le monde ne semble pas avoir compris que ce qui fait l'intérêt et l'âme de ces rassemblements quasi-spontanés, c'est justement l'absence d'organisation qui les caractérise. Vouloir encadrer ces manifestations, même si cela part d'une bonne volonté (et, politiquement parlant, même si c'est la seule option envisageable), cela revient surtout à manifester une incompréhension du phénomène. Cela va se traduire par un interventionnisme nécessaire aux yeux de certains, mais complètement déplacé aux yeux des premiers concernés.

Encore une fois, au lieu de chercher à comprendre et à agir à la source, on agit sur les aspects visibles, immédiatement tangibles (et qui, ça tombe bien, se traduisent par des chiffres...). Ces rassemblements innocents jouent, à un degré qu'on n'imagine pas forcément, un rôle de soupape pour une génération - et donc pour la société toute entière. 

Ne revient-il pas à chacun de prendre ses responsabilités ? Les groupes humains se structurent d'eux-mêmes (la scission est un élément structurant), et ce d'autant mieux que la communication est bonne. On se dirige de plus en plus (en France c'est certain, dans d'autres pays c'est déjà le cas ou en bonne voie) vers une société aseptisée. Les hommes se déresponsabilisent complètement, et chargent le gouvernement de s'occuper d'eux et de prendre des mesures pour les protéger. Des morts sur la route ? Il faut légiférer. Des morts dans des rassemblements de jeune ? Il faut légiférer. Une mamie se fait agresser par des voleurs ? Il faut légiférer (LOPPSI II, suivez mon regard). L'immixtion dans la vie privée des citoyens, c'est une conséquence directe, n'en est que plus forte !

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 21:38

F9

Connaissez-vous le nouveau site chatroulette.com ? Né des délires visionnaires d'un jeune russe de 17 ans, ce chat next gen propose de mettre en contact directement deux personnes prises au hasard parmi tous les connectés sur le site.
Il n'y a pas d'inscription, pas de connexion, pas de channels de discussions. Il y a juste une fenêtre de discussion, basique, simple et épurée, et deux écrans. Un pour votre webcam ; un pour la webcam de votre correspondant. Ou un écran noir, si l'un des d'eux n'a pas la webcam.
L'anonymat est total. Et votre visage est public. Une
contradiction 2.0. comme je les aime.

F9.
Une simple pression sur F9, et vous relancez la
roulette, vous changez de correspondant. Vous parliez avec une jeune chinoise, vous vous retrouvez avec un vieux bûcheron canadien... ou un étudiant iranien. Ou avec votre voisin de palier...
Inutile de dire que les plus bas instincts se lâchent ! Et ce site, dont la fréquentation monte en flèche, devient une véritable taverne du pire. La proportion de pénis exhibés avoisine les 5% ; les femmes nues ou les couples certainement moins de 1%. Individus masqués, néo-nazis et scènes gores vous attendent au détour d'un F9 fatal. Âmes sensibles, s'abstenir ! Un nouveau F9, et exit les pervers et les détraqués !

F9.
On zappe les gens comme on zappe de la publicité. Intéressé, pas intéressé ? F9. Next.

Parmi les gens avec lesquels j'ai parlé sur ce site : un étudiant en
cinéma à Lyon ; une ingénieur américaine en mécanique ; un ingénieur du son dépressif de Floride ; un étudiant chinois qui m'a appris à parler quelques mots de chinois.

Internet, c'est une création grandiose. A nous d'en tirer le
meilleur. Ou le pire.

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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 21:04

Le site sociogeek permet de découvrir notre profil social sur internet. Les informations qu'on est prêt à livrer, la façon dont on noue des contacts, l'usage qu'on a du web 2.0. Intéressant. Voici mes résultats :


Le site est fort bien fait, et j'ai trouvé plutôt plaisant de répondre aux questions. Et à l'heure où l'on s'affiche de plus en plus sur le web, ça relève d'une démarche pas forcément inutile.

L'ensemble fait partie d'une
étude (pas forcément représentative de la population globale, mais représentative de la population qui a une existence sur le web 2.0.) dont les résultats seront publiés bientôt... Je vous tiendrai au courant.

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21 novembre 2008 5 21 /11 /novembre /2008 19:51

Après mes délires littéraires post-surréalistes, le retour à la réalité. Qui commence à 07:35 (dédicace à Carine), le cerveau dans les vappes et l'esprit encore embrumé.

C'est pas faute d'avoir dormi plus de huit heures pourtant. Mais rien à faire, je suis mort de fatigue du matin au soir depuis quatre jours.

 

Arrivé au boulot peinard... Personne. Petite visite sur le chantier, histoire de saluer tout le monde et de voir comment ça se passe. Et on commence à bosser vers neuf heures. (Et encore, je ne bois pas de café et je ne reçois pas mes mails sur chantier, ça aurait pu être dix heures.)

Bosser... euh, oui, mais... quoi faire ? Bon, il faut que je travaille un peu sur mon rapport de PFE. J'ai d'autres choses à voir, mais le rapport me paraît urgent en ce moment. Accessoirement, je rappelle le bureau d'étude pour qu'il me renvoie des plans, et je reçois un des gars du cabinet d'architecte complètement... enfin je ne sais pas, mais je crois qu'il avait bu (un ricard à dix heures, c'est normal, non ?).

 

10:45. Je reçois enfin les plans. J'appelle mon chef de projet... qui est passé au bureau d'études hier. Et j'apprends qu'il y a eu des modifs. Donc re-renvoi des plans mis à jours. En fait, pas la peine de lui téléphoner, il arrive. Petite réunion (le vrai moment de travail de la journée) et... 11:10, coup de fil d'un collègue. "T'es au courant pour le repas, ce midi ?"

Ah ben non, je suis pas au courant... holà grand moment de solitude. "Bon, en fait ça fait deux semaines que je dois te le dire, mais t'es invité." Ca va déjà mieux.

Je suis parti avec le chef de projet... pour le repas de fin de chantier (le premier chantier où j'ai travaillé) avec le client, les architectes, la direction de l'agence et les ouvriers. Ca m'a fait chaud au coeur de voir que les gars se rappellaient encore de moi. Vu que ce chantier se termine, la plupart vont venir travailler sur celui où je suis actuellement. Ca me fera plaisir de les revoir.

 

Moralité de tout ça ?

Le repas s'est fini à trois heures passées. Le temps de revenir, de rouvrir les plans, de faire un tour sur le chantier... c'était l'heure de plier bagages, vu que j'avais mon train... et ma valise à faire (et comme je vais à pied à la gare histoire de bouger un peu, faut pas traîner).

 

Je sais, c'est la honte, des journées comme ça... mais qu'est-ce que ça fait du bien (surtout quand on est fatigué et embrumé toute la journée) ! Faudra que je me remette en route lundi.


Enfin... c'est vite dit...

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18 novembre 2008 2 18 /11 /novembre /2008 21:31

N'ayant pas prévu de passer la soirée à reposter des articles datant d'il y a... cinq mois (je m'aurorise un cliché : le temps passe vite...), n'ayant pas prévu ça, donc, je vais prendre une minute pour vous écrire les chroniques ordinaires d'une journée ordinaire.
C'est-à-dire - je vous explique, pour le cas où vous seriez aussi fatigué que moi au moment où j'écris - tout ce qui peut se passer d'extraordinaire dans une journée ordinaire. Et qui fait que les jours ne se ressemblent pas. Pour le
meilleur et pour le pire.

08:49
J., 20 ans, maçon, 
signe sa lettre de démission. Après un long entretien avec le chef de projet, et en ma présence (gênée).
Ca ne se résume pas, mais je dois écrire que cette décision émane d'un ouvrier jeune mais prometteur et travailleur, qui a du coeur à l'ouvrage. Mais aussi sujet à des absences plus que fréquentes, non excusées, depuis près d'un an, qui ne trouvent d'après lui pas d'explication cohérente.
J'ai été
impressionné, je dois dire, par la lucidité qu'il portait sur sa propre démotivation, sur son désengagement. Et par le courage dont il a fait preuve, en disant spontanément ne plus pouvoir continuer dans ces conditions, ne plus pouvoir bénéficier d'une certaine tolérance de la part de ses chefs.

Il n'y a pas beaucoup de mots pour écrire quelque chose comme ça, et il y a une immensité de
conséquences qui se cachent derrière ces mots si communs, au fond, si quelconques, et si maladroits à décrire. Il n'y a pas beaucoup de mots non plus pour dire que c'est une décision courageuse, de la part de quelqu'un qui assume et ne se cache pas.
Je prends une position risquée en écrivant cela. Car il faut comprendr que cela ne signifie pas que j'approuve cette décision, mais simplement que j'éprouve un certain
respect pour une personne capable de la prendre aussi calmement - dans un contexte économique aussi maussade.

Peu de gens, je crois, comprennent l'
immensité du désespoir qui se cache derrière une volonté aussi forte d'assumer ses actes.
Un
cri de l'existence. Qui s'élève au-dessus des hommes un instant. Et aussitôt retombe dans leur lie
.

18:05
Je suis sorti du travail assez tôt aujourd'hui. Une fois de plus. La charge de travail est assez limitée en ce moment, et donc on a des horaires qui s'allègent en conséquence.
Comme d'habitude, j'ai fait un détour par cette rue qui longe la Pépinière, et qui remonte de la porte de la Craffe vers la place Stan, et dont j'ignore même le nom. Cette rue pourtant, où je commence à avoir mes
habitudes, à connaître les gens et les enseignes, et dont j'apprécie tellement le charme désuet, la beauté sereine, et par dessus tout, cette impression d'être hors du monde, intemporelle, tout à la fois fragile survivance et force tranquille.
Dans cette rue, donc, je me suis arrêté dans cette
librairie
de livres anciens, pour prendre un peu de temps à feuilleter des ouvrages aux pages jaunies, aux couvertures craquantes, et aux titres si désuets. Pour respirer un peu l'odeur de la colle, cette odeur des vieux livres qui me rappelle tant mes premières années d'école, dans ces hautes salles aux lourds rideaux, qui filtraient doucement la lumière d'une fin d'après-midi d'été. (Matthieu, peut-être te souvient-il aussi... ?)
Et, alors que j'ouvrais un livre pris au
hasard parmi une montagne d'autres livres, alors que j'ouvrais cette ouvrage, faisant craquer la couverture, je tombai, ébahi, sur une feuille de papier, blanche encore comme si elle n'avait jamais vieilli, et sur cette feuille, avec des traits d'enfants, des traits roses, écriture maladroite, essai laborieux, était écrit : Bonne fête Papa.
En bas, une
date, la date, 19 juin 1960.

Là encore, je crois, peu de gens comprennent le mélange indélicat d'espoir et de désespoir qu'il y avait dans ce petit mot.
Un
cri du monde des morts. Qui s'élève une seconde de ses ténèbres. Et retombe dans son néant.

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17 novembre 2008 1 17 /11 /novembre /2008 23:47

J'avoue que j'ai décidé ça sans trop y réfléchir... même si l'idée me trottait dans la tête depuis déjà quelque temps. J'en ai un peu assez du blog myspace, il n'est pas très convivial et la présentation commence à dater sérieusement.

Je me suis donc tourné vers over-blog, qui est quand même un niveau au-dessus. A tout point de vue. Et qui me paraît offrir beaucoup plus de possibilités (et un chouïa moins de publicité), c'est plus simple pour rédiger. Et surtout, je gagne en
sobriété. Ceux qui me connaissent (quoiqu'a priori tous les gens ici me connaissent... qui d'autre me lirait ?) savent que j'aime les designs épurés... et le noir et blanc. (Le permier qui me dit que ce blog n'est pas en noir et blanc a perdu !)

J'espère juste que mes (quelques) (rares)
lecteurs (paumés) me suivront jusqu'ici, qu'ils ne se perdront pas, qu'ils ne seront pas déroutés et qu'ils m'honoreront toujours de leurs commentaires... euh... croustillants.
Et je serai comblé !


Nota : mon ancien blog est toujours sur 3615cricri.spaces.live.com, et je commencerais par recopier ici quelques vieux articles. Parce que tout ce vide, pour l'instant, ça me déprime...

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