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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 20:52

Ca y est.

J'ai enfin pu visiter Pompidou Metz, non plus en tant que chantier, mais en tant que musée. Je ne reconnais plus l'intérieur ; je m'étais habitué aux faux-plafonds éventrés, vomissant leurs câbles, aux plaques de plâtre manquantes, aux murs bruts, sans peinture, aux planchers en béton - et je me suis retrouvé dans un musée.

Je me laisse aller à un truisme : le mobilier provisoire de l'exposition change l'espace. L'architecture ne construit pas avec des pleins, mais avec des vides - et le parcours de l'exposition le montre admirablement. Ca m'a assez amusé de voir que c'est ce mobilier provisoire qui structure, qui donne un sens à une architecture par ailleurs admirable, mais complètement vide, nue de sens, inerte, sans lui. (Je ne parle que de l'architecture intérieure des galeries et de la nef, bien sûr. L'architecture extérieure, le forum, les circulations sont tout sauf vides de sens et inertes !)

Ensuite, bien sûr, viennent les oeuvres, qui sont la raison d'être du parcours. Le sens de l'exposition naît de la succession des oeuvres, qui structure le parcours, qui structure lui-même l'espace intérieur des salles, vide, nu.

Quand je pense qu'un de mes projets d'étude était la conception d'un musée d'Art Moderne, ah, je me dis que notre démarche (par manque de temps et d'interlocuteurs, surtout) est restée bien superficielle. Hélas.


J'ai apprécié infiniment de voir l'exposition s'ouvrir, dès la première salle, sur des incunables rédigés à Metz. Ils se trouvent parmi des pièces exemplaires de l'artisanat moyen-âgeux messin. Dès l'ouverture, on est appelé à revoir notre regard sur la définition de l'art, sur la définition du chef d'oeuvre. Des manuscrits autographes ponctuent d'ailleurs de salle en salle l'exposition, et on retrouvera, au hasard, Apollinaire, Proust.

Sans surprise, je suis toujours aussi peu sensible à Picasso, bien que je ne nie pas le génie de ses créations. Je suis toujours rétif au fauvisme. Je me suis rappelé que je n'aimais pas Delaunay - dont les oeuvres, j'ignore pour quelle raison, abondent. Et surtout, je suis tombé admiratif devant Udnie, de Picabia, et devant Mondrian.


Mais ce qui m'a fait le plus plaisir, dans tout cela, c'est incontestablement d'avoir pu voir ces oeuvres exposées à Metz.

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Published by Christophe - dans Journal ordinaire
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D@n 02/01/2011 18:38


C'est clairement le mobilier intérieur qui articule l'exposition, qui organise le parcours et qui lui donne un sens. Mais l'espace nu des galeries (assez "inertes", oui) a un certain sens, c'est
une sorte de tunnel, un passage sans obstacles qui est ouvert dans deux directions, et qui pointe vers la ville de Metz. L'espace intérieur ne se comprend ici qu'en relation étroite avec
l'extérieur, avec l'environnement, et c'est un coup de maître de Shigeru Ban et de Jean de Gastines.
Cet article d'ARoots parle des vides et des pleins en architecture : http://www.aroots.org/notebook/article94.html


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